FEUILLE-CAILLOU-CISEAU
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Nicolas Pahlisch avril 2005
Lequel a précédé l’autre dans le travail d’Anne Pantillon ? de quel jeu s’agit-il ici ? Celui des enfants qui secouent leurs mains en disant « Feuille-caillou–ciseau ! »
La feuille enveloppe la pierre, le ciseau coupe la feuille, la pierre casse le ciseau, etc.
Il y a de cette dialectique dans ces collages, puisqu’ils trouvent leur genèse dans la pierre : les basaltes qui bordent les rivières de l’Ardèche. La pierre devient feuille, se recouvre d’encre profonde et transparente comme la rivière. La feuille aurait pu suivre le tracé du ciseau ; Anne Pantillon lui préfère la déchirure qui la partage, la multiplie.
Lentement, patiemment, les formes s’assemblent, se superposent, se construisent en un nouveau jeu : celui des tonalités et des rythmes. Jeu divinatoire aussi où, ironie de sort, toute trace de figures a disparu. Le spectateur se trouve alors libre de faire sa propre prédiction.